GYOKUSENDO, Des objets d'exception réalisés à la main.

01 Avril 2019 | par Maison de thé LUPCIA | 3. Autour du Japon

GYOKUSENDO, Des objets d'exception réalisés à la main.

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Boite à thé, Gyokusendo, Théière, Cuivre, Tsuiki

Gyokusendo a été fondée en 1816. Durant plus de 200 ans déjà, les artisans de la manufacture se sont entièrement dévoués à la réalisation d’ustensiles en cuivre Tsuiki, martelés à la main. Au Japon, Tsuiki représente un savoir-faire et une méthode particulière du travailler le cuivre en le martelant à l’aide de marteaux. « Tsui » signifie marteau et « ki » qui signifie lever.
Après avoir présenté une première fois leur production lors de l’exposition universelle de Vienne en 1873, les ustensiles de Gyokusendo ont remportés plus de 30 récompenses au Japon et à l’étranger.


La manufacture est située dans la ville de Tsubame, nichée dans les fameuses rizières de la préfecture de Niigata. Tsubame est une des plus importantes villes productrice de métal (avec Sanjo) et elle est connue pour sa longue histoire du travail du métal, notamment durant la période Edo (1603-1868), et ses ressources de cuivre brute. C’est à la fin de la période Edo qu’un artisan itinérant de Sendai introduisit la méthode de fabrication des ustensiles Tsuiki et le fondateur de Gyokusendo, Kakubei Tamagawa, fût l’un des quelques rares disciples à maitriser cette technique difficile.

Manufacture Gyokusendo au Japon.

En 1894, Gyokusendo a pu réaliser un vase pour le mariage de l’empereur Meji et depuis, la manufacture est souvent consulter pour la réalisation d’objets pour la famille impériale du Japon. Le processus de fabrication a été conservé à l’identique de génération en génération et a été désigné “Intangible Cultural Treasure” par la préfecture de Nigata et l’agence des affaires culturelles japonaise en 1950.

UN PROCESSUS DE FABRICATION ANCESTRAL 

La manufacture compte environ 20 artisans. Il faut de 15 à 20 années pour qu’un artisan de Gyokusendo maitrise l’ensemble des techniques nécessaires à la réalisation d’une pièce. Au sein de la manufacture, le travail sur une pièce n’est pas divisé et partagé entre plusieurs artisans. Un même artisan est donc responsable de la qualité de chacune des étapes de fabrication d’une même pièce.

La fabrication d’un ustensile Tsuiki se fait à partir d’une feuille de cuivre qui est martelée avec des marteaux de différentes tailles et des tiges de différentes formes. On en dénombre par moins de 300 tiges et près de 200 types de marteaux différents.

Marteaux et Toriguchis

L'ART DU MARTEAU

La première étape consiste à relever les bords de la plaque de cuivre d’une épaisseur de 1.2 mm à l’aide d’un grand maillet en bois. On obtient alors un objet en 3 dimensions. Le diamètre peut ensuite être réduit progressivement avec l’utilisation des marteaux sachant que chaque coup de marteau ne doit pas venir recouvrir la marque laissée par le précédent. L’angle et la force de frappe sont décisifs pour le rendu final.

A chaque coup de marteau, le cuivre devient plus dur et il est donc nécessaire de l’assouplir régulièrement en le chauffant à la flamme dans un fourneau à environ 650°C puis en le plongeant dans l’eau froide pour le refroidir. Bien que l’on puisse croire que la matière se travaillerait mieux « à chaud », en ce qui concerne le cuivre, celui-ci reste souple après avoir été refroidi. Pour une simple théière, ce processus peut être répété jusqu’à 20 fois.

Chaque marteau est partagé entre les différents artisans mais chacun à ses préférences en fonction de la dureté, de la forme, de la taille et chaque objet portera donc l’emprunte d’un artisan.

Fabrication au marteau selon la méthode Tsuiki.

LE TORIGUCHI

Les objets en cours de façonnage sont suspendus et/ou tenus à l’aide d’une tige en fonte à la forme unique faite à la main et appelée « Toriguchi » (bec d’oiseau). Le Toruguchi est l’un des outils les plus importants pour l’artisan et il est utilisé de manière différente selon les techniques pratiquées lors du processus de fabrication. Il en existe plusieurs types (env. 200 chez Gyokusendo) selon les besoins, ils aident à obtenir la forme souhaitée.

La gravure est réalisée à l’aide de piques en acier. Les vases ou la vaisselle décorative sont alors gravés, sculptés en relief ou incrustés d’or et d’argent.

À l’aide des toruguchi et d’un petit marteau, la forme finale est lissée.

Utilisation des Toriguchis

UNE FINITION UNIQUE

Une fois que la forme désirée est obtenue, l’objet va se parer de sa teinte finale par l’utilisation de méthodes traditionnelles transmises de génération en génération. Cela nécessite, en autre, l’utilisation d’un bain liquide d’eau chaude, de sulfite de potassium et de cire japonaise naturelle pour créer des textures, de la brillance et des couleurs contrastées. En fonction du mélange liquide et du temps de trempage, on obtient une vaste palette de couleurs. Ensuite, de l’étain est plaqué à l’intérieur de l’objet pour faciliter son utilisation au quotidien. Cette technique est propre à Gyokusendo qui est la seule manufacture à la maitriser

Le cuivre a des propriétés antibactériennes et purifie l’eau. C’est pour cela que l’on peut l’utiliser pour faire infuser son thé ou pour boire son saké.

La finition

> Voir toute la collection GYOKUSENDO 


Pour suivre la fabrication d'une pièce Gyokusendo,
vous pouvez également consulter ces 2 vidéos :
Gyokusendō | BIOLOGY OF METAL
https://www.youtube.com/watch?v=Y00nLshJY34
Gyokusendo
https://www.youtube.com/watch?v=f2Mpl78GbP0

* Toutes les images sont tirées du site officiel de Gyokusendo 

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